Il s’agit d’une loi humaine au même titre qu’Asimov avait imaginé des lois de la robotique: l’être humain a une mémoire limitée, et il ne peut appréhender et mémoriser qu’un certain nombre d’éléments à court terme.
En fait il y a deux phénomènes, deux nombres, deux limites qui nous permettent de mieux nous connaître nous même, et qui nous permettent de mieux présenter à autrui des informations.
On jette devant vous de 1 à 4 allumettes et on vous demande de les dénombrer, pas de soucis, vous n’aurez guère besoin que d’un coup d’oeil pour les compter correctement. Par contre si on en jette des dizaines, ou même seulement 7 ou 8, alors vous n’obtiendrez que de la confusion et vous serez obligé de les décompter un à un (à moins que vous ne soyez atteint d’un problème mental type syndrome d’asperger). Pour les compter une des stratégies utilisables est de les regrouper. Par 2, 3 ou 4. Vous savez, 4, 8, 12, 16, 20, etc… Cela va plus vite. Bien sûr à chacun d’utiliser son système préféré, mais rares seront ceux qui compteront par 10 ou même 5!
En fait 4 est une limite humaine qui a été découverte et étudiée par de nombreux psychologues depuis les années 60. Bien sûr il s’agit d’une moyenne, qui peut varier d’un individu à l’autre, d’un moment de la journée à l’autre. Mais c’est une donnée fiable et vérifiée, qui permet de ne pas surcharger autrui de listes et de détails.
Ainsi, il sera plus simple de présenter une liste de saisons qu’une liste de mois! Même un enfant apprendra à maîtriser rapidement l’hiver, le printemps, l’été et l’automne, alors que les douze mois d’une année seront encore confus et nécessiteront répétitions ou mécanismes mnémotechniques (une comptine par exemple).
La deuxième limite, celui qui a été décrite comme le nombre d’or de l’humanité, est celle du nombre d’éléments que nous pouvons mémoriser à court terme.
Test classique: des objets sont placés devant vous, vous avez quelques secondes pour les mémoriser, on vous détourne puis on vous demande de vous remémorer chaque élément.
Et bien en moyenne, le nombre maximum d’éléments dont vous vous souviendrez est de 7. En fait, le nombre exact, est de 7±2 (sept plus ou moins deux). Dans quelle mesure cela explique-t-il les usages si fréquents de ce nombre? Les jours de la semaine, les péchés et les enfers, les merveilles, les arts, les couleurs de l’arc-en-ciel. C’est un nombre magique à plus d’un titre! Et pour notre mémoire, c’est le nombre moyen de rangements que l’on peut utiliser pour stocker des données à court terme.
Chose amusante, on peut assez facilement se remémorer de bien plus d’objets, si on arrive à les associer entre eux et à les regrouper en un nombre de sur-ensembles qui ne dépasse pas… 7±2!
On peut ainsi, mais avec de l’entraînement, apprendre énormément.
Un exemple rapide, ouvrez devant vous une table des éléments. Je vous donne un lien: http://fr.wikipedia.org/wiki/Tableau_périodique_des_éléments . Combien d’entre eux avez vous mémorisé au cours des années? Plus important que cela: vous devez présenter cette liste à quelqu’un qui ne la connaît pas, un enfant par exemple, allez vous énumérer ces dizaines d’éléments, ou rechercher un autre mécanisme?
Et bien ce mécanisme existe déjà: les séries chimiques. Vous pouvez les voir en dessous de la table des éléments ou à la page suivante: http://fr.wikipedia.org/wiki/Série_chimique . Au nombre de dix, elles seront rapidement indispensables à l’apprentissage. Et c’est en passant par elle que vous pourrez éviter plus facilement ce qu’on appelle une surcharge cognitive…
La surcharge cognitive c’est ce qui attend un nouveau salarié lors de son premier jour dans sa nouvelle entreprise. Ou ce qui arrive quand vous présentez à un nouvel arrivant tous les membres de la réunion, qui eux se connaissent depuis déjà quelque temps. On n’y fait jamais assez attention, car on présente des données que l’on maîtrise déjà depuis longtemps. Mais lui ce nouveau venu, il n’aura pas encore appris à jongler avec tous ces nouveaux concepts et ces nouveaux noms, et il est indispensable de les organiser en tirant parti de notre connaissance du nombre d’or: “7 plus ou moins 2”.
Plus généralement, en informatique qui est la science de l’information, on doit utiliser la connaissance de ces limites pour mieux nous organiser.
Rien de plus simple me direz vous, depuis Descartes, on sait que pour attaquer un problème insurmontable, le mieux est de le diviser en sous problèmes qui sont juste à peine surmontables, puis en sous sous problèmes aisément surmontables, etc. jusqu’à ces tâches que l’on n’ose pas décrire car elles prennent moins de 2 minutes à réaliser.
Oui, mais, la division aura avantage à se diviser en un certain nombre de composants, et seulement jusqu’à une certaine profondeur.
Si vous voulez présenter ces problèmes à des gens qui ne les connaissent pas, le mieux est de se limiter à 4. S’il s’agit de personnes intéressées par le domaine ou que vous voulez former de manière plus avancées, alors 7, voir 10 même, après tout on peut étirer l’esprit un peu. Et seulement pour les grands experts, les données qui n’ont pas d’organisation, alors là on ouvre tout, et à chacun de se trouver d’autres repères.
Il y a de nombreux cas d’organisation qui vont simplifier un apprentissage ou une présentation. Classer ses documents comptables par année puis fournisseur, ranger ses photos par thème de voyage, planifier son réseau informatique en sous ensembles logiques. A nous de les trouver au fur et à mesure que nous les rencontrons, de les partager et les améliorer.
En avez vous déjà? A quel nombre correspondent-ils? Sept? Quatre? Beaucoup plus…?
+1
New discussion
Answer
Un rapide lien sur une page listant de nombreuses représentations des éléments chimiques.
Cela inclue en partie des tableaux historiques, mais aussi des choses un peu futuristes voire impossible!
http://www.meta-synthesis.com/webbook/35_pt/pt.html
+1
New discussion
Answer