Happée par cette histoire dès la première lettre, c’est un roman que je n’ai pu quitter avant la fin. John Connolly donne un rythme haletant à ce conte pour grands adolescents qui comme tous les contes donne quelques-unes des clés de la vie.
On y retrouve certains des personnages des histoires féeriques de notre enfance, devenus bien plus inquiétants que dans mes souvenirs, plus sombres et plus profonds à la fois, ce qui leur donne une seconde vie autant qu’une autre dimension, plus à même de faire réfléchir le lecteur sur le poids de ses choix et leurs conséquences. À bien y réfléchir le chemin le plus facile n’est pas forcément celui le plus simple à assumer… David, le héros de douze ans, réfléchit à chaque épreuve à laquelle il est confronté. Loin d’être lisse, il est un héros comme je les aime : parcouru d’émotions contradictoires, difficiles pour lui d’être certains de ses choix. Il doute de lui, il doute des autres, il doute de ses motivations, il est capable d’écouter cette petite voix qui lui montre le chemin de la bienveillance, il est capable de lutter contre son côté sombre sans se morfondre dans l’autoflagellation, il accepte sa part d’humanité dans cet univers plus qu’inhumain, qui n’est au final que le reflet d’une âme rongée par ses propres cauchemars, envahie par sa propre haine. David est aussi capable de tirer leçon des erreurs des autres comme des siennes. Il est capable d’affronter ses propres peurs, guidé par l’amour qu’il voue à sa mère défunte. Il ne peut que sortir vainqueur de cette histoire pleine de rebondissements, de pièges, de trahisons, de mensonges et pourtant à aucun moment de cette épopée qui rend un magnifique hommage aux livres et à la lecture, le lecteur ne songe à la fin.
Chaque personnage est ciselé, précis et convaincant. Seul le personnage de Blanche Neige, énorme personne aigrie et mauvaise, ne m’a pas convaincue. Les situations s’enchaînent avec une élégante fluidité. Quelques répétitions m’ont parfois un peu gênées, des mots manquants mais rien qui casse le rythme de la narration de manière irrémédiable. Tous ces détails insignifiants pour ne pas faire croire que j’ai un parti pris pour ce livre ! Quoi que si à toute chose il doit y avoir une fin, je souhaite juste que des romans d’une telle qualité ne cessent d’être écrits que dans un futur très lointain, lorsque passés de mains en mains, ils pourront laisser leurs personnages chuchoter dans les rayonnages des bibliothèques les formules magiques destinées à amener les lecteurs toujours plus nombreux à lire les histoires dont ils sont les héros !
Un énorme coup de cœur !
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